Le blog des auteurs, c'est un journal des grandes et petites nouvelles du monde de la route. 

Ce sont des conseils, des explications, des billets d'humeur. 

24
mai
2017

De l'influence de l'alcool

Catégorie : Général

A la veille des soirées barbecue, des festivals et autres réunions festives, mieux vaut se rafraîchir la mémoire...

L'interdiction temporaire de conduire, plus fréquente qu'on ne le pense...

Le site Sudinfo.be  nous annonçait récemment : « Chaque jour, 158 conducteurs écopent d’une interdiction temporaire de conduire pour avoir pris le volant sous l’influence de l’alcool ou de drogue… ». Cette mesure interdit pendant plusieurs heures la conduite de tout véhicule[1] ou de tout animal[2] dans tout lieu public[3].

Taux d’imprégnation alcoolique

La durée de cette interdiction dépend du taux d’imprégnation alcoolique (= quantité d’alcool absorbée). Trois taux sont légalement définis :

  • 0,09 mg/l d'air (0,2 g/l de sang)[4] pour les conducteurs professionnels[5] ;
  • 0,22 mg/l d'air (0,5 g/l de sang) ;
  • 0,35 mg/l d'air (0,8 g/l de sang). 

Ces taux s’expriment donc en milligrammes par litre d’air alvéolaire expiré (si vous soufflez dans un éthylotest ou éthylomètre) et en grammes d’alcool par litre de sang (s’il s’agit d’une prise de sang).

Durée de l’interdiction temporaire de conduire

  • 2 heures : imprégnation d’au moins 0,09 mg/l d'air alvéolaire expiré (= 0,2 g/l de sang), mais inférieure à 0,22 mg/l d'air alvéolaire expiré (= 0,5 g/l de sang). Se termine sans autre formalité pour les conducteurs professionnels ;
  • 3 heures : imprégnation de niveau A (Alerte-) : min. 0,22 mg/l d’air (= 0,5 g/l de sang) et moins de 0,35 mg/l d’air (= 0,8 g/l de sang). Se termine sans autre formalité ;
  • 6 heures : imprégnation de niveau P (Positif) : au moins 0,35 mg/l d'air (= 0,8 g/l de sang), refus du test ou de l'analyse d'haleine ;
  • 12 heures :
    • alcool : en cas d’ivresse avec impossibilité de procéder à un test ou une analyse d’haleine ;
    • drogue : lorsque les tests démontrent la présence dans l’organisme d’au moins une des drogues prévues dans la loi, ou en cas de refus du test, sans raison légale valable ;

Nouveau test négatif : à l’issue des interdictions temporaires de 6 et 12 heures, un test négatif est indispensable pour récupérer le permis.

Que pouvons-nous boire pour ne pas être en infraction ?

Ce sont des médecins légistes qui, dans les laboratoires agréés, procèdent au dosage des échantillons sanguins réalisés lors de contrôles routiers. Posez la question à n’importe lequel d’entre eux : « Que puis-je boire pour ne pas dépasser la limite ? ». Ils vous répondront en chœur : « ça dépend » ! 
Pareille réponse où aucun d’entre eux n’ose s’avancer, c’est un peu comme si, en matière de limitation de vitesse, on vous obligeait à conduire un véhicule sans compteur de vitesse. Et pourquoi sont-ils aussi évasifs dans leur réponse ? Parce la réponse dépend d’énormément de facteurs.

Cela dépend de la quantité d’éthanol ingurgité

Il convient de prendre d’infinies précautions avant d’affirmer que : « chaque verre contient environ 10 gr d’alcool pur ». Il faut tout d’abord préciser qu’il s’agit de doses « bar », servies dans un bistrot ou un restaurant. La rasade que vous pouvez vous servir généreusement chez vous bousculerait tous nos résultats. A cette première condition : 25 cl de bière à 5° = 12,5 cl de vin à 10° = 3 cl d’alcool distillé à 40°. Cela exclut les bières et alcools « forts ».

Cela dépend de la quantité de votre sang

La quantité de sang dans votre corps représente environ 7 à 8% de votre masse corporelle. Un homme de 65 kilos « contient » 5 à 6 litres de sang, une femme 4 à 5 litres. Conséquence une dose « bar » fait monter l’alcoolémie de 0,20 g/l chez un homme de 70 kg et de 0,30 g/l chez une femme de 50 kg. Nous prendrons donc la mesure la plus élevée, à savoir 0,30 g/l.

Cela dépend de tant d’autres choses…

  • de votre état général : de l’état de votre foie qui joue un grand rôle tant dans la phase d’imprégnation que d’élimination, de votre état général, de certaines maladies…
  • la phase d’imprégnation : une fois avalé, l’alcool se diffuse à travers tout le corps. On pourrait fort bien mesurer votre taux d’alcoolémie en vous coupant une phalange, une oreille ou autre chose… Toutes les parties de votre corps vont s’imprégner de cet alcool. Lors d’un repas, le taux maximal d’imprégnation est atteint environ une heure plus tard. À jeun, l’alcool se diffuse plus rapidement : environ une demi-heure.
  • la phase d’élimination : elle est deux fois moins rapide que la phase d’imprégnation. Seuls 5% sont éliminés sous forme naturelle au niveau des poumons (respiration) et de la transpiration. Le reste, 95%, est « brûlé » au niveau du foie qui transforme l'alcool en eau, oxyde de carbone, cholestérol, acides gras et lipides.
    UN verre      = + 0,30 g/l de sang = + 0,14 mg/l d'air.
    UNE heure   =  - 0,15 g/l de sang = - 0,07 mg/l d’air.

Attention ! Après une soirée très arrosée, les quelques heures de sommeil ne suffiront peut-être pas à éliminer suffisamment d’alcool pour vous permettre de vous rendre au boulot en conduisant…

Comment, en pratique, respecter la loi ?

Pour ne pas dépasser le taux de 0,5 gr/l (0,22 mg/l d’air) , 

  • Pendant la première heure, limitez-vous à  maximum deux verres ;
  • Ensuite,  un verre toutes les deux heures.

Si vous désirez plus de précisions, il ne reste qu’une autre formule : vous équiper d’un éthylotest.
Il en existe à usage unique, appelés familièrement « ballon », que l’on peut trouver sur Internet ou en pharmacie à moins de 2 € pièce.
Quant aux plus perfectionnés, vous en trouverez à tous les prix (de 25 € à 300 €), mais assurez-vous qu’ils soient aux normes.

Une dernière précision : si vous venez de consommer une boisson alcoolisée, attendez au minimum 15 minutes avant d’effectuer une mesure pour que la bouche ait eu le temps de se « rincer », afin de ne mesurer que l’air venant des poumons et non l’alcool qui tapisserait encore le palais.

 

[1] A moteur ou non : vélo, cyclo, moto, voiture, camion, autocar, autobus, cuistax…

[2] Monter à cheval, diriger un attelage, conduire un troupeau aux champs…

[3] Non seulement la voie publique : toute voie ouverte à la circulation terrestre : les routes, autoroutes, rues, avenues, tunnels, ronds-points, places, chemins, ponts, sentiers…
- mais également les terrains ouverts au public :
 des endroits où tout le monde peut se rendre (éventuellement contre paiement), comme les parkings (payants ou non), des parcs d’attraction, des palais d’exposition, des restaurants, des banques, les prairies transformées en parking lors de grandes manifestations, les stations-service…
- ainsi que les terrains non publics mais ouverts à un certain nombre de personnes :
 des endroits où ne peuvent se rendre que certaines personnes, soit parce qu’elles y travaillent (cour intérieure d’usine, parking réservé aux enseignants), ou y habitent (cour intérieure d’immeuble donnant accès à des box privés), des emplacements de parking réservés et à accès limité (badge, carte magnétique) ou contrôlé (restaurant, magasin).

[4] COMMENTAIRE. Auparavant, comme il n’y avait que la prise de sang, l’unité de mesure était le nombre de grammes d’alcool par litre de sang. Avec l’apparition des appareils mesurant l’alcool contenu dans l’air expiré, on change d’unité de mesure :
0,2 gr d’alcool / litre de sang = 0,09 mg d’alcool / litre d'air alvéolaire expiré ;
0,5 gr d’alcool / litre de sang = 0,22 mg d’alcool / litre d'air alvéolaire expiré ;
0,8 gr d’alcool / litre de sang = 0,35 mg d’alcool / litre d'air alvéolaire expiré.

[5] 

COMMENTAIRE. Que faut-il entendre par conducteurs professionnels ?
1. Les conducteurs de véhicules appartenant aux catégories C (camions, pompiers…) et D (autocars, autobus…)
2. Les conducteurs des catégories A1, A2, A, B, B+E à l’occasion de transports :
     - rémunérés de personnes pour les services de transport réguliers, réguliers spécialisés ou occasionnels
     - en taxis et en location de voiture avec chauffeur
     - en ambulance
     - rémunérés d’élèves
     - les instructeurs d’auto-écoles qui dispensent des cours pratiques (toutes catégories)
(Réf. Art. 42 et 43 de l’AR du 23 mars 1998 relatif au permis de conduire).